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N° 23, Le Modèle médiationniste de la technique, pour un renouveau des sciences de l’art

Numéro publié sous la responsabilité scientifique de Pierre-Yves Balut

 

C’est sous l’angle de la production d’ « objets » que la technique est envisagée en général par la réflexion savante, qui y privilégie les productions de l’ingénierie et les créations des artistes. C’est trop oublier que, proprement humaine, la technique est aussi communément partagée par tout manipulateur. Cela même est à étudier par les sciences humaines, non sous l’angle de variations sociales contingentes quoique réelles, mais d’une science qui en ferait son objet propre, en une refonte épistémologique.

Date limite de soumission : 30 juin 2017
Date de publication : février 2018


La technique est presque toujours abordée sous l’angle de la production d’objets ou d’artefacts. Les discours à son sujet alternent de surcroît entre deux approches : son association aux savoirs des ingénieurs conduit à en rechercher l’explication du côté des sciences physiques, tandis que sa mise en œuvre par les artistes est prétexte à des envolées poético-métaphysiques. Il lui arrive bien sûr aussi de faire l’objet des sciences humaines, mais c’est alors le plus souvent sous l’angle de l’histoire de l’art ou de l’histoire des techniques, en privilégiant les grandes réalisations artistiques ou technologiques. Ou sous celui de l’anthropologie sociale et culturelle des usages humbles et quotidiens de différents peuples, mais toujours sous l’angle des variations sociales.

Entre les machineries des ingénieurs et les créations des artistes, il convient pourtant d’être également attentif à toute la gamme des participations communes à l’ars : les manières de se vêtir, d’écrire, de lire les images autant que de les faire, de produire comme d’écouter de la musique, d’apprêter la nourriture, d’équiper les cultes, d’habiter dehors comme dedans, morts ou vifs, de se déplacer, de manœuvrer tous les outils, etc. Proprement humaine, la technique est aussi communément partagée par tout manipulateur. Il y a autre chose à analyser que les objets qui durent et que conservent les musées, autre chose à raconter que l’histoire des technologies, celle des inventions ou des créations, les histoires de l’art ou l’archéologie, quel que soit leur intérêt par ailleurs.

La question que nous voulons poser est celle d’une science de la technique ou ergologie qui tient compte de ses déterminismes propres, des déterminismes qui sans être spécifiquement sociaux ne sont pas non plus réductibles à ceux qu’étudient les sciences physiques. Qu’il s’agisse de la façon dont la technique est théorisée ou à l’inverse fabrique de la représentation, dont elle est codifiée et partagée socialement ou à l’inverse fabrique de l’être social, de la façon dont elle est réglementée ou à l’inverse fabrique de la décision. C’est là que les dissociations proposées par le modèle de la théorie de la médiation (Gagnepain, 1981 ; Sabouraud, 1995 ; Bruneau et Balut, 1997 : Le Gall, 1998) montrent leur fécondité.

Pour son numéro 23, la revue Tétralogiques lance donc un nouvel appel à explorer la technique et ses manifestations, à partir de sa dimension ergologique. On cherchera ici, démonstrativement, à travers n’importe quel sujet précis, à explorer ces nouveaux contenus de la technique, à examiner les redéfinitions disciplinaires conséquentes et à approfondir les modèles théoriques de l’analyse.

Références
Balut P.-Y., 2013, Théorie du vêtement, Paris, L’Harmattan
Bruneau Ph. et Balut P.-Y., 1997, Artistique et archéologie, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne
Gagnepain J., 1982, Du Vouloir Dire, t. 1 « Du langage ; de l’outil », Paris, Livre et Communication
Le Gall D., 1998, Des Apraxies aux atechnies, Bruxelles, DeBoeck
Le Guennec G., 2015, La fabrication en questions. Anti-manuel de la production artistique, Rennes, Les éditions du possible
Sabouraud O., 1995, Le Langage et ses maux, Paris, Odile Jacob

Modalités de soumission :
la revue publie des contributions originales. Les soumissions doivent être conformes aux recommandations, et présentées dans un fichier sans mention du nom de l’auteur.
Elles seront envoyées à l’adresse suivante : redaction chez tetralogiques.fr.
La langue de Tétralogiques est le français.

Contact :
Patrice Gaborieau, coordinateur du comité de rédaction : redaction chez tetralogiques.fr

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