Jean Gagnepain

Vices de forme : séminaire du 7 décembre 1995 sur les fonctions gestaltiques

 

Résumé / Abstract

Le séminaire intitulé « Vices de forme », a été prononcé par Jean Gagnepain à l’Université Rennes 2 en décembre 1995 ; il s’agissait de la deuxième séance d’un séminaire annuel dont le titre était Retrouver la forme. Dans ce séminaire, Gagnepain présente une modification importante de ses hypothèses initiales concernant les fonctions animales (« gestaltiques »), que l’homme partage avec l’animal et avec lesquelles les facultés humaines (« structurales »), sont en rapport dialectique.
Présentons schématiquement l’ossature logique du modèle élaboré par Jean Gagnepain, qu’il qualifie d’anthropologie clinique (i.e. une science de l’homme fondée sur les apports des pathologies). Il propose de considérer le fonctionnement mental, animal ou humain, sous quatre modalités dissociables : La conscience (sensorialité et gnosie), la conduite (motricité et praxie), la condition (organisme et somasie), et le comportement (affectivité et boulie).
L’homme partage avec l’animal les fonctions gestaltiques (gnosie, qui configure la sensorialité en objet ; praxie, qui configure la motricité en trajet ; somasie, qui configure l’organisme en sujet ; boulie, qui configure l’affectivité en projet), mais entretient un rapport dialectique d’analyse de ces fonctions gestaltiques par des facultés structurales qui lui sont spécifiques, les performances humaines manifestant une conciliation de ces deux ordres. Ces facultés sont le signe, ou logique, est une analyse de l’objet ; l’outil, ou technique, est une analyse du trajet ; la personne, ou ethnique, est une analyse du sujet ; la norme, ou éthique, est une analyse du projet.

Dans ce séminaire de 1995, Gagnepain rectifie et précise son approche antérieure des fonctions gestaltiques, jugée trop simple et inadéquate aux réalités cliniques. Là où il concevait le traitement gestaltique comme unitaire (p.e. la gnosie configure un objet à partir des informations sensorielles, cet objet entrant ultérieurement dans une sériation où il devient l’indice d’un autre objet qui devient le sens, sur le mode du symbole), tandis que l’analyse structurale est double, biaxiale (p.e le signe détermine à la fois de l’identité et de l’unité), Gagnepain propose de concevoir cette binarité ou biaxialité dès le niveau gestaltique : l’animal, comme l’homme de ce point de vue, non seulement « sélectionne » (identité ; distinction) mais aussi « enchaîne » (unité ; sériation).
Gagnepain réaménage donc ici le modèle en dissociant l’entendement (opérant un discernement sous la double dimension de la distinction et de la sériation), que l’homme partage avec l’animal, et la raison, spécifiquement humaine (opérant une analyse sous la double dimension de la différenciation et du dénombrement). Ce qui fait donc la différence homme-animal n’est pas la biaxialité ou binarité de la définition des éléments, commune aux deux, mais son mode, gestaltique (la définition n’est pas relative : l’un se substitue à l’autre) et structurel (la définition est relative, négative : l’un se définit par rapport à l’autre, par rapport à ce qu’il n’est pas).


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Le texte du séminaire n’est pas disponible au format HTML ; nous vous invitons à en télécharger le fichier pdf ci-dessus (« Document »), ou à vous rendre, pour se faire, sur le site de l’Institut Jean Gagnepain : http://www.institut-jean-gagnepain.fr


Pour citer l'article :

Jean Gagnepain, « Vices de forme : séminaire du 7 décembre 1995 sur les fonctions gestaltiques »in Tétralogiques, N°21, Existe-t-il un seuil de l’humain ?.

URL : http://www.tetralogiques.fr/spip.php?article41


Tétralogiques,
N°21, Existe-t-il un seuil de l’humain ?

Table

Existe-t-il un seuil de l’humain ? Identité et différence de l’animal humain et de l’animal non-humain : entre équivalence et irréductibilité

Compléments

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