Le LIRL

Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur le Langage


 

Le L.I.R.L. était une des composantes de l'E.A. 2241 (Équipe d'Accueil — habilitée à former des étudiants de 3ème cycle), intitulée : "Laboratoire d'Anthropologie et de Sociologie" (L.A.S.).




En janvier 2012, le LAS s'est vu adjoindre 2 autres équipes universitaires pour former le CIAPHS, Centre Interdisciplinaire des Processus Humains et Sociaux.

Le CIAPHS est dirigé par Jean-Yves DARTIGUENAVE, Professeur de Sociologie.

 

Les composantes du CIAPHS sont :

- Le LAS

- Le CRESS-LESSOR, dirigé par Alain Amintas

- L'équipe de Criminologie, dirigée par Astrid Hirschelmann

 

 Orientation scientifique générale du LIRL

Grands axes du laboratoire

 Problématique anthropologique

La "théorie de la médiation"

Bilan du L.I.R.L.

Bilan, perspectives, publications

 





 Orientation scientifique générale

Grands axes du laboratoire

 

L'ensemble des chercheurs du L.I.R.L. convient de la nécessité de construire une modélisation cohérente des comportements culturels humains et de mener une réflexion épistémologique sur leurs rapports. En cela ils se reconnaissent dans le terme générique d' "Anthropologie". Ces chercheurs conviennent aussi de la nécessité de se donner une méthode de réfutation des théories, la méthode clinique, où les modèles explicatifs sont mis à l'épreuve de l'observation dirigée des pathologies. La démarche clinique est aussi mise en corrélation avec l'observation dirigée du normal. Les chercheurs du L.I.R.L. sont spécialisés dans l'observation des faits de langage.

 

Pour le L.I.R.L., "observatoire" du langage, la méthode clinique privilégie les pathologies neurologiques, qui permettent une approche expérimentale du comportement langagier, et procède ensuite par extension à d'autres types de troubles ; par ailleurs, les cliniciens se doivent, en Sciences du Langage, de confronter leur approche avec celles, non cliniques, dominantes dans la discipline et utilisées par certains de ses membres pour des programmes spécialisés. Les articles et autres productions scientifiques, souvent écrits en collaboration, résultent donc d'un travail en commun qui témoigne de la cohésion de cette équipe. La production de l'équipe peut être répartie en cinq programmes (pour le plan quadriennal 2003-2007 - cf. le bilan ci-dessous) : Clinique, Épistémologie, Théorie de la grammaire et de la syntaxe, Sociolinguistique, Langage enfantin et statut de l'enfant, Epistémologie.

1 - Clinique :

Apports de l'observation des dysfonctionnements culturels à partir du langage, aussi bien à partir de la clinique neurologique que de celle de la psychiatrie.
Recherches sur les pathologies du langage. Définitions des données cliniques. Clinique de la signification (aphasie, agnosie), de l'écriture et de la praxie, de la communication, du discours et de son contrôle. Approches psycholinguistiques et neurolinguistiques.

2 - Exploration du fonctionnement langagier, notamment l’étude des propriétés de la syntaxe et de leurs conséquences sémantiques :

Théorie de la formalisation grammaticale, en particulier de la syntaxe. Méthodologie de l'observation et de l'explication des faits phonologiques, morphologiques, syntaxiques et sémantiques. Observations sur diverses langues.

3 - Interactions langagières et processus de traduction :

Analyse sociolinguistique de la langue et du savoir, pouvant faire référence à la clinique de l'échange. Analyse de la dynamique des langues et de leurs interférences. Modalités dialogiques des interactions verbales et non verbales dans des situations de non-réciprocité apparente.

4 - Compétences langagières, statut de l’enfant et relations parents-enfants :

Recherches sur l'acquisition du langage, et la définition anthropologique de l'enfance, faisant référence aux pathologies de la "forclusion" : débilité, autisme et psychoses infantiles. Statut de l'enfant et relations parent - enfant.

5 - Épistémologie :

Dettes et ruptures épistémologiques en sciences de l'homme. La dissociation des plans de rationalité chez l'humain, observée à travers les faits de langage. Spécificité de l'anthropologie. Conditions de l'observation clinique.






 Problématique anthropologique

La « théorie de la médiation »

 

La "théorie de la médiation", à laquelle l'ensemble des chercheurs du laboratoire se réfèrent, est un modèle développé à Rennes par le Professeur Jean Gagnepain, linguiste et épistémologue, depuis plus de quarante ans. Ce modèle théorique, dont Jean Gagnepain a exposé méthodiquement les principes dans son ouvrage Du vouloir Dire (3 tomes), couvre l'ensemble du champ des sciences humaines. Il a pour particularité essentielle de chercher dans la clinique une forme de mise à l'épreuve expérimentale, d'où l'appellation "anthropologie clinique" qui l'accompagne. Jean Gagnepain s'est entouré à Rennes d'une équipe de chercheurs et son modèle se trouve aujourd'hui exploité et développé, au-delà de Rennes, par des universitaires et chercheurs de nationalités différentes, dans des champs disciplinaires très divers qui vont des sciences du Langage et de la psychologie à la "science of design" américaine, en passant par l'archéologie moderne et la "romanistique". La visée est donc délibéremment trans-disciplinaire ; plus exactement, la théorie de la médiation cultive, comme l'énonce avec humour Jean Gagnepain, "l'in-discipline".

 

Ce modèle, élaboré à ses débuts à partir du seul langage, prend aujourd'hui comme objet la totalité de ce qu'on appelle le culturel, autrement dit cette dimension qui spécifie l'homme et le distingue des autres espèces vivantes. Le culturel constitue cet ordre spécifique de réalité auquel, par conséquent, seul l'homme participe : il lui permet, sans échapper à sa nature, de la dépasser constamment en s'en abstrayant. Le culturel se comprend donc ici, non pas comme la somme des oeuvres essentielles d'une certaine société ni comme l'état général d'une civilisation donnée, mais comme l'ensemble des capacités proprement humaines dont tous les hommes, sauf pathologie, participent, quels que soient le moment de l'histoire ou le lieu géographique où ils se trouvent. Ce culturel se révèle identifiable à la fameuse Raison ou "rationalité" dont les philosophes ont traité depuis des siècles. Les sciences humaines reprennent du reste à leur compte les questions qui étaient celles que les philosophes n'abordaient que spéculativement.

 

Les travaux de Jean Gagnepain montrent, en se fondant sur ce que la clinique nous oblige à prendre en compte, que cette raison se diffracte. Autrement dit, la rationalité recouvre chez l'homme plusieurs formes que la clinique dissocie. La raison est logique, sans nul doute, mais elle est également tout autant technique, ethnique et éthique, sans qu'il y ait la moindre hiérarchie entre ces différents "plans" venant rendre compte de la vie psychique. À chacun de ces quatre plans, l'homme médiatise son rapport au monde (d'où le terme de "médiation"), c'est-à-dire qu'il parvient à prendre une certaine distance par rapport à ce que ses capacités physiologiques immédiates lui permettent d'en saisir. Loin, dès lors, de se trouver soumis à ce mode d'appréhension immédiat du monde, l'homme construit en quelque sorte la réalité dont il participe en l'élaborant à partir de ses propres capacités.

 

Il s'agit donc, pour utiliser une image et une terminologie kantiennes, de passer de la description de la raison constituée à l'explication de la raison constituante, c'est-à-dire de rendre compte de ce qui, en l'homme, le rend à son insu capable de poser le monde, sachant qu'il pose ce monde de quatre manières différentes ou, plus exactement à partir de quatre capacités distinctes et pas seulement en le connaissant. L'homme se donne, certes, le monde à travers les mots qu'il produit ; à partir d'eux, désignant l'univers, il se l'explique, et ceci définit sa capacité logique. Mais l'homme se donne également le monde à travers son outillage ; il le fabrique et ceci rend compte, cette fois, de sa capacité technique. Si le monde de l'homme est à la mesure de ses mots et de ses outils, il est en outre à la mesure de son histoire ou, si l'on préfère de son inscription dans le social ; c'est à présent sa capacité ethnique qui se trouve en jeu. Enfin, dernier aspect, l'homme se donne tout autant le monde à travers ses désirs réglementés et ceci relève de sa capacité éthique.

 

L'autonomisation possible de ces quatre registres de rationalité nous est révélée par la clinique. En effet, alors que "normalement" toutes ces capacités fonctionnent ensemble et qu'il n'est guère facile de les distinguer, pathologiquement nous y sommes cette fois contraints. Chaque plan a en effet sa pathologie spécifique qui n'empêche pas celui qui en est atteint de continuer à fonctionner correctement aux autres plans. La pathologie spécifique du plan 1 (le plan de la logique) est l'aphasie, celle du plan 2 (le plan de la technique) l'atechnie, celle du plan 3 (le plan de l'ethnique) la psychose (et la perversion), enfin celle du plan 4 (le plan de l'éthique) la névrose (et la psychopathie). La pathologie dissocie, par conséquent, ce qui normalement ne peut être distingué ; elle met en évidence des processus. Autrement dit encore, elle offre une véritable analyse, c'est-à-dire un découpage du psychisme. Jean Gagnepain pose dès lors comme règle méthodologique de "n'admettre et de n'imputer au système d'autres dissociations que celles qui sont pathologiquement vérifiables".

 


D'autres présentations du modèle sont disponibles par exemple sur le site suivant :

La TDM de Jean Gagnepain (site réalisé par Yann-Fañch PERROCHES)

 



Le site suivant a pour objectif la diffusion du modèle de la médiation :

École de Rennes




Le site de l'Institut Jean Gagnepain est accessible ici

Institut Jean Gagnepain

 

 

 






 Bilan du L.I.R.L.



 

Le LIRL s'inscrivant dans le cadre du LAS, c'est donc dans le cadre du rapport effectué par le LAS qu'est réalisé le bilan du LIRL

Ce bilan, qui vaut pour les années 2006-2010, a été réalisé dans la perspective du plan 2012-2015

peut être consulté ici

 


Le bilan précédent, réalisé dans la perspective du plan quadriennal 2008-2011 (bilan et perspectives ; publications du laboratoire),

peut être consulté ici

Il porte sur les années 2003 - 2007





 

  L'équipe des enseignants-chercheurs

  Bienvenue au LIRL